Village berbère traditionnel et ses champs en terrasses, dans les montagnes de l'Atlas.

Les montagnes du Haut Atlas commencent aux portes de Marrakech : l'entrée de la vallée de l'Ourika est à 45 minutes de route et Imlil à une heure et demie, de quoi y passer la journée sans changer d'hôtel, ou deux à trois nuits en montagne. La chaîne court sur 700 kilomètres à travers le centre du pays, avec des sommets de plus de 4 000 mètres. Le Toubkal, point culminant de l'Afrique du Nord, s'élève à 4 167 mètres, à environ 65 kilomètres au sud de Marrakech.

Depuis le centre-ville de Marrakech, vous pouvez être sur les sentiers de montagne en moins d'une heure, une proximité qui peut changer votre façon de construire le voyage. Inutile de réserver à l'Atlas des jours à part dans le programme. Il prolonge Marrakech, assez proche pour une excursion à la journée, assez riche pour un séjour plus long.

Le Haut Atlas en un coup d'œil

Distance de Marrakech45-90 minutes jusqu'aux départs de sentiers
Meilleures saisonsAvril-mai, septembre-octobre
Durée idéale1 journée d'excursion ou 2-3 nuits sur place
Destinations clésImlil, vallée de l'Ourika, Aït Benhaddou
Niveau d'effortDes balades tranquilles en vallée aux ascensions de sommets
Caractère des lieuxDes villages de montagne actifs, où le tourisme reste secondaire

Les lieux à connaître, depuis Marrakech :

LieuDepuis MarrakechPour quoi y aller
Vallée de l'Ourika45 min jusqu'à l'entréeCascades, déjeuner au bord de l'eau
Setti Fatma30 min de plusMontée vers les sept cascades
Imlil1 h 30Marche à la journée, départ du Toubkal
Aroumd40 min à pied depuis ImlilVillage, vue vers le Toubkal
AsniSur la route d'ImlilSouk du samedi matin
Toubkal (4 167 m)Au départ d'ImlilAscension en 2 jours, guide obligatoire
OukaïmedenEnviron 80 kmSki, quand la neige le permet
Tizi n'Tichka (2 260 m)Route de OuarzazateLe col, en route vers le Sahara

Une géographie qui façonne le voyage

La chaîne de l'Atlas se divise en trois ensembles : le Haut Atlas, qui traverse le centre du pays du sud-ouest au nord-est, le Moyen Atlas au nord et l'Anti-Atlas au sud. Pour la plupart des voyageurs, c'est le Haut Atlas qui compte : on y trouve les plus forts dénivelés, les villages berbères bâtis à flanc de colline et assez d'infrastructures pour y organiser facilement une randonnée.

Ces montagnes commandent aussi le climat du pays. L'humidité venue de l'Atlantique s'y heurte, tombe en pluie ou en neige sur les versants ouest, et le côté est s'assèche de plus en plus jusqu'au Sahara. Voilà pourquoi Marrakech et le désert, pourtant peu éloignés à vol d'oiseau, ont des climats si différents. L'Atlas se dresse entre eux et retient l'humidité. Nombre de voyageurs associent d'ailleurs randonnée en montagne et nuits dans le désert, justement pour ce contraste.

Les montagnes ont gardé une culture berbère bien à elles. Le relief a isolé les vallées, et cet isolement a préservé des langues, des techniques de construction et des pratiques agricoles qui ont évolué ailleurs. Dans les villages de l'Atlas, l'architecture répond à des contraintes précises : pentes raides, écarts de température, rareté des matériaux et nécessité de se défendre contre les razzias d'autrefois.

Aller dans le Haut Atlas depuis Marrakech : trois routes

Trois routes principales relient Marrakech au Haut Atlas. La route d'Imlil file vers le sud par Tahanaout et Asni, et grimpe régulièrement jusqu'à 1 740 mètres, où elle s'arrête et où les mulets prennent le relais. C'est la porte d'entrée des treks vers le Toubkal. Comptez 90 minutes de route depuis le centre de Marrakech.

La route de la vallée de l'Ourika part vers l'est et le sud et suit la rivière Ourika dans des gorges de plus en plus étroites. Le week-end, la vallée est bondée de familles marrakchies qui fuient la chaleur de la ville ; du lundi au jeudi, il y a moins de monde. L'entrée de la vallée est à 45 minutes, mais la plupart poursuivent encore 30 minutes jusqu'à Setti Fatma, où commencent les sentiers de randonnée.

La route du Tizi n'Tichka franchit la chaîne de part en part et relie Marrakech à Ouarzazate, puis au désert. Elle monte à 2 260 mètres par des dizaines de lacets et passe devant des villages berbères qui semblent construits à la verticale. C'est la route du Sahara. Comptez quatre heures pour les 200 kilomètres jusqu'à Ouarzazate, davantage si vous vous arrêtez pour des photos ou si vous montez derrière un camion.

L'état des routes dépend de la saison et de l'altitude. Le goudron est en général bon, mais la chaussée est étroite. La pluie provoque des coupures de route passagères, et au-dessus de 2 000 mètres la neige peut fermer les cols entre décembre et mars. La montagne a son propre calendrier, distinct de celui du désert et de la côte. Le printemps et l'automne y sont les meilleures périodes, tandis que la neige d'hiver limite l'accès aux hautes altitudes. Les chauffeurs locaux savent quelles routes sont praticables le jour même. Fiez-vous à leur jugement ; en hiver, les nôtres ne franchissent le Tichka que de jour.

La route du col du Tizi n'Tichka vue d'en haut, ses lacets gravissant des pentes sèches et broussailleuses du Haut Atlas
Moins d'une heure après avoir quitté le centre de Marrakech, vous voilà sur les sentiers de montagne.

Une journée ou plusieurs nuits en montagne

Vous pouvez traverser l'Atlas en voiture, vous arrêter pour des photos et rentrer à Marrakech, mais vous passerez à côté de l'essentiel. Il faut mettre pied à terre. Marchez sur les sentiers, asseyez-vous sur les places de village, et observez une vie qui suit d'autres rythmes que ceux de la ville.

Pour découvrir les vallées, l'excursion à la journée depuis Marrakech est une bonne formule. Dans la vallée de l'Ourika, il y a des restaurants construits au-dessus de la rivière, de courtes randonnées jusqu'aux cascades et des potiers au travail dans de petits ateliers ; le soir, vous êtes de retour à Marrakech. Même principe à Imlil, avec des randonnées plus longues si vous partez tôt. Notre guide des excursions depuis Marrakech dit lesquelles valent la journée.

Pour rester plusieurs jours, vous logerez dans les villages de montagne. Gîtes et petits hôtels se répartissent entre Imlil, Aït Benhaddou et quelques kasbahs reconverties, çà et là. Rien de luxueux à l'aune de la ville : les chambres sont simples, les salles de bain modestes, le chauffage inégal. En échange, les sentiers sont à votre porte à l'aube, quand la lumière arrive en biais dans les vallées et que vous avez les chemins pour vous seul.

Excursion à la journée ou nuits sur place

L'excursion à la journée convient bien à la vallée de l'Ourika (cascades, restaurants au bord de la rivière) et à une première découverte d'Imlil. Mais une maison d'hôtes de montagne vous donne les deux heures qui échappent toujours à l'excursion : les sentiers aux premières lueurs et la place du village une fois le dernier minibus reparti.

Si vous disposez de 2-3 nuits, passez-les en montagne. Sinon, une excursion bien choisie en montre déjà beaucoup.

Chaque marcheur trouve ici un terrain à sa mesure. Les balades en vallée demandent une forme ordinaire. Le sommet du Toubkal exige une bonne condition physique, un équipement contre le froid et, en général, deux jours avec une nuit en refuge. Aucune technique d'escalade n'est requise, mais l'altitude se fait sentir chez tout le monde. Bien des randonneurs trouvent l'ascension finale plus dure que prévu, tout simplement parce qu'à 4 000 mètres, le souffle et le rythme en pâtissent.

Dans les villages, l'architecture épouse le relief. Les maisons s'étagent sur les pentes, le toit de l'une servant de terrasse à la suivante. Des canaux creusés il y a des siècles arrosent encore les jardins. Les souks hebdomadaires ont lieu dans certains villages, où les agriculteurs vendent leurs produits et où les familles font les gros achats de l'année. Ce sont des marchés où la vallée s'approvisionne, et non des attractions touristiques ; les visiteurs sont les bienvenus pour s'y promener.

Village fortifié d'Aït Benhaddou (ksar) avec son architecture traditionnelle en terre, sur fond de crêtes basses et brumeuses.

Imlil, l'Ourika, Aït Benhaddou et Ouzoud

Imlil sert de base principale pour le Toubkal. Le goudron s'arrête au village, et au-delà, mulets et randonneurs poursuivent la montée. L'hébergement va du simple gîte à une maison de charme digne de ce nom, avec chambres chauffées et bonne cuisine. Le village se traverse en dix minutes. On y reste pour les sentiers alentour.

Depuis Imlil, plusieurs randonnées d'une journée sont possibles sans complications liées à l'altitude. Aroumd — Armed sur certaines cartes — est à quarante minutes en remontant la vallée, à travers des vergers de noyers et des jardins en terrasses ; ses maisons s'empilent en un seul bloc sur le replat qui domine le lit de la rivière, et la plupart des marcheurs poursuivent au-delà, vers l'épaule d'où le Toubkal se découvre. Si vous poursuivez, faites-vous accompagner d'un guide accrédité : au-dessus du village, là où le sentier entre dans le parc national du Toubkal en direction de Sidi Chamharouch, des gendarmes contrôlent les papiers, et les marcheurs sans guide doivent s'attendre à être refoulés. Tamatert se trouve sur la piste qui monte vers le col du même nom, entre canaux d'irrigation et bergers qui mènent leurs troupeaux d'un pâturage à l'autre au fil des saisons. Pour un marché, il faut redescendre : le souk hebdomadaire de la vallée se tient à Asni, le samedi matin.

Nous organisons une journée de marche privée au-dessus d'Imlil sur ce terrain précis. La plupart des excursions quittent Marrakech vers 9 h, ce qui place la montée en plein soleil ; nous partons à 8 h, et à 7 h 30 de juin à août, pour la terminer avant que le soleil ne franchisse la crête. À Imlil, à 1 740 mètres, un guide de montagne et un muletier vous attendent, et c'est le marcheur le plus lent qui donne le rythme.

Les cascades d'Ouzoud dévalant une gorge verdoyante, des visiteurs à leur pied, au Maroc

La vallée de l'Ourika est souvent citée parce qu'elle est proche et que ses cascades se voient facilement. Le bas de la vallée est largement aménagé, avec restaurants et maisons d'hôtes le long de la route ; passé Setti Fatma, la haute vallée reste plus calme. La montée vers les sept cascades est fréquentée, mais la pente finit par disperser les marcheurs. Le sentier grimpe régulièrement, parfois raide, avec des haltes possibles à chaque palier de cascade.

L'Ourika permet de randonner confortablement sans s'engager dans un trek de plusieurs jours. Vous pouvez juger des conditions, faire demi-tour si le temps change et être à Marrakech pour le dîner. La vallée est donc adaptée aux familles et aux randonneurs moins expérimentés. Notre journée dans l'Ourika part de Marrakech à 8 h 30, car tout y reste calme jusque vers onze heures, avant que la route ne se remplisse : vous atteignez ainsi la haute vallée avant les autocars, puis vous déjeunez sur la terrasse d'une kasbah perchée au-dessus de la vallée.

Aït Benhaddou appartient, à strictement parler, à la zone pré-saharienne, au-delà du Haut Atlas, mais la plupart des visiteurs y arrivent en franchissant le col du Tizi n'Tichka. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et très photographié, le village fortifié sert encore régulièrement de décor aux équipes de tournage. Près d'une centaine de familles vivaient à l'intérieur des murs dans les années 1940 ; il en reste aujourd'hui moins d'une douzaine. Les autres se sont installées dans le nouveau village, de l'autre côté de la rivière, où l'eau et l'électricité sont fiables.

Le site vaut la visite malgré les touristes. L'architecture de terre crue y est à la fois défensive et pensée pour une région sismique. Les tours renforcent les murs, les pièces s'imbriquent pour gagner en stabilité, et l'ensemble suit les courbes de la colline qui le porte. Venez tôt le matin, avant les groupes, ou en fin d'après-midi, quand la plupart sont repartis.

Les cascades d'Ouzoud se trouvent au nord-est de Marrakech, dans le Moyen Atlas, mais figurent d'ordinaire au programme des excursions dans le Haut Atlas. Les chutes plongent de 110 mètres en trois paliers. Des macaques de Barbarie vivent alentour et s'approchent de quiconque semble avoir à manger. Ces singes sont sauvages, bien qu'habitués à l'homme. Ne les nourrissez pas, même si on vous y encourage sur place.

Contrairement à bien des cascades saisonnières, celles-ci coulent toute l'année. Plusieurs sentiers mènent à différents points de vue, et le chemin qui passe derrière les chutes vous mouille d'embruns. Des restaurants de qualité inégale bordent le canyon ; les meilleurs sont près du parking.

Quand partir dans le Haut Atlas

Le printemps apporte la fonte des neiges et les fleurs sauvages. De mars à mai, les montagnes verdissent et les rivières sont hautes. Au-dessus de 2 500 mètres, les sentiers se dégagent de la neige mais restent boueux. C'est la meilleure saison pour marcher, si un sol humide ne vous gêne pas. À moyenne altitude (1 500-2 000 mètres), comptez 12-22 °C le jour et 5-10 °C la nuit.

Un ruisseau court sur les rochers entre l'herbe verte et des arbres en fleurs blanches, près d'Imlil, sous des sommets du Haut Atlas striés de neige

La floraison culmine en avril, quand les pentes se couvrent de cistes, de lavande et d'espèces endémiques qui ne poussent nulle part ailleurs. Si la botanique compte un tant soit peu dans vos voyages, calez le séjour sur avril. Les photographes préfèrent aussi ce mois, pour la verdure et les nuages.

Pourquoi avril

Avril réunit les meilleures conditions pour découvrir l'Atlas : des sentiers praticables mais encore verts après la fonte des neiges, des fleurs sauvages en pleine floraison, des températures agréables et moins de monde qu'en plein été.

Pour un séjour en avril, réservez l'hébergement 3-4 semaines à l'avance. C'est aussi le moment que choisissent les familles marocaines, et les maisons d'hôtes de montagne sont petites.

L'été rend les basses altitudes pénibles mais ouvre les sentiers de haute montagne. De juin à août, Marrakech atteint 38-42 °C, alors qu'à 2 000 mètres les températures restent autour de 25-28 °C le jour, avec des matinées fraîches. Beaucoup de familles marocaines montent alors dans les villages pour échapper à la chaleur des villes, si bien que les hébergements se remplissent plus vite, surtout le week-end.

L'été est aussi la saison des treks en haute altitude. Juillet et août donnent au Toubkal son temps le plus stable et le moins de précipitations. La neige peut persister dans les couloirs exposés au nord jusqu'en juin, et l'après-midi, des orages peuvent se former sur les crêtes presque sans prévenir. Partez vers le sommet tôt le matin pour redescendre avant que le temps se gâte.

L'automne rappelle le printemps, avec en octobre un temps particulièrement stable. Septembre a parfois encore des airs d'été dans les vallées. Novembre apporte les premières neiges sur les sommets de plus de 3 500 mètres. Fin octobre, les feuillus des vallées se colorent, sans égaler le flamboiement des forêts tempérées.

De décembre à février, la neige couvre les sommets et le haut des pentes. On skie à Oukaïmeden, à 80 kilomètres de Marrakech : la plus haute station d'Afrique, à un peu plus de 3 200 mètres. Elle n'ouvre que si la neige le permet — quelques semaines seulement les hivers maigres — et ses remontées comme ses loueurs restent sommaires à côté des stations européennes ou nord-américaines. Les autres domaines skiables marocains sont petits et n'ouvrent qu'irrégulièrement ; le mieux équipé d'entre eux est Michlifen, près d'Ifrane, dans le Moyen Atlas, bien plus au nord et tourné vers Fès et Meknès.

L'équipement d'hiver

Randonner en hiver suppose un équipement adapté. Sous 2 000 mètres, les sentiers restent praticables mais peuvent être boueux et froids. Les nuits, elles, passent sous zéro quelle que soit l'altitude.

Tel village charmant en été révèle en hiver les limites de son chauffage : la chaleur vient alors des poêles à bois, là où il y en a. De décembre à février, prévoyez plusieurs épaisseurs, des chaussures imperméables, et des attentes réalistes quant au chauffage des maisons d'hôtes.

Quand Marrakech atteint 38-42 °C, les journées restent autour de 25-28 °C à 2 000 mètres.

À qui s'adresse la montagne

Pour les voyageurs sportifs, l'intérêt de l'Atlas est évident. Si vous comptez randonner, grimper ou rouler à VTT, le terrain va de la marche facile en vallée aux ascensions techniques, et les infrastructures en place permettent tout cela sans logistique d'expédition.

Les familles dont les enfants sont en âge de marcher longtemps (en général 8-10 ans et plus) peuvent parcourir les sentiers de vallée et visiter les villages. L'effort est réel pour les enfants, qui découvrent au passage de quoi vit un village d'altitude. Les plus jeunes risquent de trouver la marche ennuyeuse et l'altitude fatigante.

Les photographes profitent de grands espaces et d'une lumière changeante. Le brouillard emplit les vallées au petit matin et se dissipe en milieu de matinée, laissant les reliefs se détacher en plans successifs. En fin d'après-midi, la lumière rase les crêtes. L'architecture offre des lignes géométriques, et ceux qui travaillent dans les jardins en terrasses ou mènent les mulets ajoutent une présence humaine aux images.

Les gourmets découvriront une table montagnarde différente de celle des plaines. Les foyers berbères cuisinent ce qui pousse en altitude : noix, amandes, olives, orge, légumes-racines. Les herbes de montagne parfument les tajines. L'hospitalité passe par le thé et le pain cuit à la maison. Certaines maisons d'hôtes proposent des cours de cuisine axés sur les techniques berbères.

L'Atlas ne convient pas à tout le monde. Avec peu de temps, mieux vaut sans doute privilégier le désert ou la côte. Si vous tenez au confort d'un hôtel en ville et à un chauffage fiable, les maisons d'hôtes de montagne risquent de vous décevoir. Et si vous ne pouvez pas marcher longtemps, la plupart des activités vous resteront difficiles, hormis les routes panoramiques parcourues en voiture.

Intégrer la montagne à un itinéraire plus large

Le plus simple est d'ajouter une excursion à la journée depuis Marrakech. La vallée de l'Ourika s'y prête bien : départ le matin, déjeuner au bord de la rivière, randonnée l'après-midi, retour en soirée. Nul besoin de changer d'hébergement ni de remanier le reste de l'itinéraire.

Deux ou trois nuits en village sont la bonne mesure pour qui veut plus qu'une journée sans consacrer une semaine au trekking. Logez à Imlil ou dans une kasbah reconvertie, marchez chaque jour à un niveau différent, et profitez du calme du soir au village comme de la lumière du matin.

Un trek de plusieurs jours demande une tout autre préparation. Le circuit classique du Toubkal prend trois à quatre jours, même si les randonneurs en forme peuvent le boucler en deux. D'autres circuits existent : vallée d'Azzaden, Aït Bougmez, et de plus longues traversées d'une vallée à l'autre. Prévoyez à l'avance les mulets, les guides (obligatoires dans certaines zones) et les nuits en refuge ou sous tente.

L'Atlas fait aussi la transition entre Marrakech et le Sahara. En coupant le trajet par une nuit à Aït Benhaddou ou dans la vallée du Dadès, vous transformez une longue route en deux journées plus courtes, ponctuées d'arrêts, et vous voyez le paysage passer de la montagne au pré-désert.

Certains itinéraires dessinent une boucle : départ de Marrakech, descente vers le sud à travers l'Atlas jusqu'au désert, puis retour par la côte via Essaouira. On ne revient jamais sur ses pas, et l'on traverse quatre régions bien différentes : la ville, la montagne, le désert et la côte. Après la marche en montagne, Essaouira et son atmosphère de station balnéaire font une bonne étape de repos.

Informations pratiques : transport, hébergement, guide, réseau

En montagne, on se déplace en véhicule privé ou en grand taxi collectif. Les transports publics existent, mais leurs horaires cadrent mal avec ceux de la randonnée. La plupart des visiteurs font donc appel à un chauffeur privé, réservé par leur hébergement ou par une agence. Vous pouvez ainsi vous arrêter aux points de vue et décaler le programme selon les conditions.

Chauffeur ou taxi

Un chauffeur privé coûte plus cher qu'un taxi collectif, mais sa souplesse est précieuse en montagne. Il sait quelles routes sont praticables après la pluie et où s'arrêter pour les photos, et il adapte l'horaire si vous voulez marcher plus ou moins longtemps.

Réservez-le par votre hébergement ou auprès d'une agence sérieuse plutôt que de vous fier aux offres improvisées à Marrakech : la qualité et la fiabilité varient considérablement d'un chauffeur à l'autre.

En haute saison (avril-mai, octobre, juillet-août), réservez l'hébergement à l'avance. Les maisons d'hôtes de montagne sont petites, souvent 6-12 chambres, et affichent vite complet quand il fait beau. Comptez au moins deux semaines d'avance pour ces périodes. En saison intermédiaire, vous aurez plus de latitude.

Peu de chambres

Un hébergement de montagne n'a pas la capacité des hôtels en ville. Une maison d'hôtes prisée d'Imlil peut ne compter que 8 chambres au total, et en avril ou en octobre, ces 8 chambres peuvent être prises 3-4 semaines à l'avance.

Si vos dates sont fixées et tombent en haute saison, réservez d'abord la montagne, puis bâtissez le reste de l'itinéraire autour.

Sur les sentiers de vallée, le guide reste facultatif : les chemins fréquentés sont balisés et le premier berger venu vous remettra dans la bonne direction. Pour le Toubkal, il ne l'est plus : depuis fin 2018, un guide local accrédité est exigé d'Imlil jusqu'au refuge et au sommet, et des gendarmes et des agents de l'autorité locale contrôlent les papiers à plusieurs postes sur la montée. Sur les itinéraires moins courus entre les vallées, prenez-en un de toute façon : les guides savent quels cols sont encore enneigés et quelles maisons vous donneront à déjeuner.

Le réseau mobile passe dans les principaux villages et vallées, mais disparaît sur les sentiers et dans les zones reculées. Ne comptez pas sur les applications de navigation. Emportez des cartes papier ou téléchargées hors ligne, et dites à votre hébergement où vous partez marcher et à quelle heure vous pensez rentrer.

Dans les vallées habitées, sources, ruisseaux et fontaines de village se succèdent. Plus haut et dans les zones reculées, emportez assez d'eau. L'eau de montagne est en général propre, mais des pastilles de purification ou un filtre ne pèsent presque rien dans le sac.

Le choix de la montagne

Le Haut Atlas s'impose moins d'emblée que les destinations les plus célèbres du Maroc. On n'y va pas par hasard. Ce choix a du sens si vous aimez marcher, voir le paysage changer au fil de la journée et comprendre comment la géographie façonne une culture.

La montagne apporte aussi de la fraîcheur. Si votre voyage tombe en été, le temps passé dans l'Atlas vous soulage de la chaleur des plaines — une seule nuit en altitude change déjà beaucoup les choses.

Pensez à la montagne dès que vous organisez votre séjour à Marrakech. Avec trois ou quatre nuits en ville, vous avez le temps d'une journée dans l'Ourika sans courir. Une semaine à Marrakech laisse aisément la place à deux ou trois nuits à Imlil.

L'Atlas fait glisser le voyage d'un tourisme purement culturel vers un mélange de culture et de plein air. Il plaira à ceux qui s'impatientent à force de villes et de souks, qui préfèrent la marche aux longues heures de route, et qui veulent comprendre comment la diversité du relief marocain explique ses différences régionales.

Si vous cherchez un Maroc moins visité, c'est en montagne que vous le trouverez. Vous y croiserez des familles marocaines en sortie de week-end et des randonneurs aguerris, mais rien de comparable à l'affluence de la médina de Marrakech ou d'un camp du désert en haute saison. Les villages vivent d'abord pour leurs habitants ; le tourisme n'y est qu'un revenu d'appoint.

Depuis les terrasses de Marrakech, vous apercevez déjà le Haut Atlas. C'est l'autre paysage du Maroc : tout proche de la ville, il reste celui qu'on n'associe pas spontanément au pays. Il y a là de quoi remplir tout le temps que vous lui consacrerez.

Aide-mémoire du Haut Atlas

Accès le plus proche depuis MarrakechVallée de l'Ourika (45 min), Imlil (90 min)
Meilleures saisons pour marcherAvril-mai (fleurs sauvages), septembre-octobre (temps stable)
Excursions à la journéeCascades de la vallée de l'Ourika, promenades au village d'Imlil
Où passer la nuitImlil (base du Toubkal), Aït Benhaddou (kasbah)
Niveaux de difficultéDes promenades faciles en vallée au sommet du Toubkal (4 167 m)
Séjour type en montagne2-3 nuits pour la vie de village, 3-4 pour un trek
TransportChauffeur privé conseillé, pour la souplesse et la connaissance des routes
Réserver à l'avance2-4 semaines en haute saison (avril-mai, octobre, juillet-août)

À retenir

L'Atlas n'est pas une case à cocher. Une promenade matinale dans les jardins en terrasses vous en apprendra plus sur le Maroc des montagnes qu'une course au sommet du Toubkal pour la photo. Accordez-vous le temps de marcher lentement, de vous asseoir sur les places de village et de regarder la lumière changer sur les vallées.


Vous voulez passer du temps en montagne au Maroc ? Nous tenons compte de l'altitude, du terrain et de la saison dès le départ, quel que soit le voyage : des lodges de montagne pour un voyage de noces, des randonnées à la portée des enfants pour une aventure en famille, les villages berbères pour une immersion culturelle, la cuisine de montagne pour un voyage culinaire. Dites-nous ce que vous recherchez.